Valparaiso, l’anarchie poétique

12 mai 2015 > 22 mai 2015

Valparaiso, l’anarchie poétique

La ville de Valparaiso est une ville portuaire marquée par sa géographie située dans une baie du pacifique faisant face au nord (au soleil) avec un relief ouvert sur la mer et plissé perpendiculairement aussi. Cela crée de multiples points de vues dans la ville, des bâtiments avec lumière, vue, soleil malgré la densité et aussi beaucoup d’escaliers, de funiculaires.

Valparaiso plan      Valparaiso côte

Longeant la côte portuaire, la surface plane de la ville au plan quadrillé (comme toutes les villes d’Amérique !) avec des bâtiments style éclectique se cogne dans les collines et vallées, qui sont urbanisées de façon organique, en continuité avec la déclivité et sans planification, cela donne un urbanisme anarchique (ou type médiéval) où l’harmonie se fait d’elle même, dans la diversité et la courbe. Le Cerro Alegre où je vis, est une colline, site protégé par l’UNESCO, où une ambiance pittoresque voire croix-roussienne (avec le package resto-bar-bobo).

Cerro alegre

Vue de l'appart

Vue

 

Les constructions sont en général de 2 ou 3 étages, constructions en bois avec remplissage brique, ou terre crue, recouverte de façades en tôle ondulée peintes. Il s’agit d’une architecture de récup’ où le bois, puis les tôles jusqu’à la peinture proviennent des poubelles l’industrie navale. Mais ce type constructif est très intelligent : les tôles et la peinture de bateaux sont très résistantes à la pluie et au vent et la structure bois est très bien adaptée pour la sismicité.

Oui, la sismicité est fréquente ici ! J’ai d’ailleurs ressenti le premier séisme de ma vie, une étrange sensation. C’était un tout petit, c’était dans la nuit, l’appartement en structure bois a grincé. Les chiliens qui en ont très régulièrement, les a fait sourire que ça soit mon premier…

L’ambiance sonore de la ville m’a marqué les coqs, les chiens, la musique des bars résonnant dans la vallée, la musique du camion livreur de gaz passant dans les rues, où une personne joue des percussions avec les bonbonnes pour appeler les clients…

Place   Cerro alegre 3  Cerro alegre 2 Cero polanco Batiments    Eglise

Aux couleurs flashy des bâtiments s’ajoute les nombreux graffitis et les tags qu’on trouve partout dans la ville. Il y a les “escritores”,  tags de vandalisme qui sont des écritures type « pixacao » (lettres anguleuses), « bombas » (lettres rondes) ou « vomitos » souvent des jeunes de 18-20 ans. Et il y a les “piecas”,  graffs artistiques (souvent des commandes ou avec l’accord du propriétaire), des fresques effectuées par des artistes peinture bombe, pinceau ou pochoir. Il y a aussi la tradition du « muralismo », fresques avec des messages politiques communiste, souvent revendiquant la culture native dans les pays d’Amérique Centrale. Toute cette accumulation en fait un musée à ciel ouvert. J’adore que les murs parlent (et pas seulement sur facebook) !

Graff

Les styles vestimentaires sont bien plus variés que dans les pays précédents : les enfants en uniforme, les militaires, les hommes d’affaires côtoient les punk, les hippies, les hipsters…

Matias m’a laissé les clefs de son superbe appart pour plus d’une semaine (couchsurfing). Il est de typologie 50 % hipster, 40 % rock’n roll et 10 % latin. Il est réalisateur, mais aussi acteur, commentateur, chanteur, designer, artiste… Il a joué le guide touristique (à sa manière !) permettant de me faire connaître le Chili et la ville de Valparaiso, les spécialités, les us-et-coutumes, l’histoire, la situation politique, le contexte artistique. J’ai aussi rencontré son meilleur ami, Jose-Luis, ingénieur, type latin-métalleux-moustachu, avec ses parents, sa grand-mère (qui parle français), ses frères Juan-Pablo type artiste-prof et Martin type ingénieur-gay-patissier, invitée à un repas de famille dominical. J’ai revu Alvaro (venu à Lyon en couchsurfing chez moi il y a 5 ans) : avant son voyage, il travaillait au ministère ; à la suite de son voyage, il s’est installé à la campagne, faisant de l’éco-construction, vendant du pain, puis, il est revenu à Valparaiso travaillant comme écrivain, journaliste et aussi dans une fondation qui rachètent des bâtiments pour en faire des écoles et crèches.

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