Santiago, la capitale politique

25 mai 2015 > 29 mai 2015

Urbanisme, architecture et politique

A Valparaiso, j’ai vu l’urbanisme anarchique, à Santiago je retrouve un plan quadrillé, au pied des Andes, couverte de smog, les collines laissées à la végétation et les échelles plus grandes : c’est la capitale !

Vue chez lucas

Je reprends alors les idées d’Henri Lefebvre dans son ouvrage « Le droit à la ville » où il met en avant un lien étroit entre le développement urbain et la politique que j’élargis aussi à l’architecture. La ville est une agglomération d’interventions urbaines et architecturales qui marquent la ville d’un courant de pensé politique et culturel d’une époque donnée, symbolise une vision. Je tente l’analyse en faisant quelques suppositions aussi.

J’ai retrouve à Santiago de grandes bâtisses à la forme simple, en structure bois et briques de terre crue, introverties, entourées de galeries, construites sûrement par des militaires, le style colonial primaire. Le style colonial secondaire est caractérisé par des maisons accolées au vocabulaire simple néo-classique portugais, 1 ou 2 étages, des couleurs et ornements qu’on retrouve dans toutes les villes latino-américaines.
Puis, la présence de Néo-Classisisme, Ecclectisme, Art Déco (comme à Buenos Aires et Montevideo) montre comment l’Europe et particulièrement la France, faisait référence culturelle dominante à cette époque symbolisant la démocratie, valeurs républicaines et la révolution industrielle.
Le style totalitaire est présent (qu’on retrouve aussi dans les édifices nazis et fascistes) comme l’Ecole Militaire construite au temps de Pinochet.
La morphologie urbaine de tours avec une architecture de murs rideaux de « style international » se qualifiera d’urbanisme capitaliste du quartier Le Golf (ou Sanathan). La course à la hauteur, à la grandeur symbolisant la lutte de pouvoir, peut importe si on fait de l’ombre à son voisin. On peut noter dans ce quartier la « green touch » se résumant parfois à la façade végétalisée voir l’arbre suspend et au mieux une certification LEED pour avancer avec les pays du « premier monde » (qui font toujours actuellment référence culturelle).
Santiago est la première ville où j’ai vraiment trouvé des aménagements urbains de qualité avec beaucoup de cyclistes, piétons. L’architecture contemporaine est très intéressante, elle ressemble aussi plus à la vision européenne, comme le Centre culturel GAM, la faculté catholique d’architecture et design, le Centre Culturel la Moneda.

GAM Facultad Catolica
Et puis, plus haut, un parc est installé sur une colline culminant la ville sous la protection de la statue de Marie. Les habitants, détachés de la ville, s’y recueillent, méditent, prennent de la hauteur sur les événements de la vie, c’est un aménagement spirituel à ciel ouvert.

Mariana, la mère de Felipe, m’a très bien accueillie pendant ce séjour à Santiago, d’origine multiculturelle européenne m’a raconté ses sa famille avec notamment des français et italiens, qui au temps des guerres mondiales en Europe, devaient alors partir au front l’un contre l’autre…

Lucas est capitaliste libéral, il est engagé politiquement dans cette direction, et c’est un ami (comme quoi les voyages, ça ouvre l’esprit!). On s’est mis d’accord sur certains points, le côté libéral permet plus de changement et d’innovation, il se qualifie aussi d’anarchiste de droite, revendiquant plus l’individualisme que le bien commun.

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