Montréal Durable

20 juil 2015 > 30 juil 2015

Ici commence la dernière étape de mon année sabbatique, un voyage de presque 2 mois en Amérique du Nord avec au programme Montréal, Boston, New York puis San Francisco et le festival Burning Man.

Montréal Durable

Après un petit tour à Rennes, puis Paris, j’atterris à Montréal, une métropole de 3 millions d’habitants, délimité par des fleuves créant une île, située dans la province du Québec, au Canada.

Pour moi, ce type de ville est assez inédit, j’ai du mal à faire des comparaisons avec ce que j’ai vu en Amérique. Je trouve cette ville finalement assez proche de la culture nord-européenne dans sa politique urbaine tournée vers le développement durable, sa gestion des espaces publics et privés et son architecture à dominante brique faisant très cité-jardin, les structures métalliques (escaliers et coursives) d’accès aux immeubles. Toutefois, je peux remarquer les infrastructures, les réseaux peu entretenus et l’incohérence architecturale et urbaine qui révèle une ville plutôt laissé à elle-même, au hasard des interventions ponctuelles privées.

Plan    Coupe principe condo Rues condo      Skyline Vue fleuve      Ecosphere Frontage    Ruelle

Pour décrire rapidement la ville, on peut distinguer plusieurs éléments, quartiers :
– Vieux port et vieille ville : première implantation de la ville, en contact avec la fleuve Saint-Laurent et anciennement fortifiée, c’est maintenant la zone touristique, avec une majorité de bâtiments en façade pierre grise.
– Centre d’affaires : au dessus on voit un florilège d’immeuble et tours de bureaux, organisés en îlots séparés par des rues, en dessous, un réseau souterrain très étendu connectant les différents îlots par des galeries commerçantes, stations de métro, et protégeant les citadins des intempéries surtout en période hivernale.
– Rue Sainte-Catherine : le départ de rue est composée de bars et restaurants pour la vie nocturne (appelé le village) puis l’autre partie est une rue commerçante composée de la plupart des chaînes internationales pour « magasiner ».
– Le Plateau du Mont-Royal : un quartier jeune, alternatif, hipster avec un forte immigration française.
– Le Mont-Royal : colline arborée assez étendue avec un versant sud aménagé en parc, l’autre versant est un cimetière.
– Île Saint Laurent : île parc destinée aux loisirs, centre aquatique, parc d’attraction, casino, accueil d’événements.
– D’autres quartiers résidentiel comme Ville-Marie, Villeray, Petite Italie…

La ville de Montréal s’affiche largement tournée vers le développement durable en valorisant beaucoup l’agriculture urbaine, une réponse à l’autonomie alimentaire, l’accès à des aliments de qualité, la valorisation des circuits courts, la lutte contre l’îlot de chaleur urbain et aussi son rôle social.

On trouve « foule » de jardins partagés, collectifs, communautaires, institutionnels, d’entreprise, fermes urbaines, intégrés aux parcs et squares, dans les friches, sur les toits.

20150729_191815        Jardin institutionnel
Quelques noms : Lufa Farm (ferme urbaine sur un toit), Coop Bioma (ferme urbaine dans une friche), Santropol Roulant (jardin sur le toit sur le toit de l’université Mc Gill), Alternatives propose un design de bacs faciles à fabriquer et idéals pour cultiver hors sol.
Et voir http://www.cultivermontreal.ca/ http://www.lesjardins.alternatives.ca/ http://www.crapaud.uqam.ca/ http://www.ecologieurbaine.net/

De nombreux squares et parcs sont dispersés dans la ville de Montréal et chaque square propose une série de services et activités de proximité comme :
– le jardin communautaire
– le compost communautaire
– le jeu d’enfants (en bois et copeaux)
– le terrain de sport (tennis, volley, basket…)
– la piscine de proximité (avec accès gratuit!),
– plus fréquent la pataugeoire et les jeux d’eau
– le piano de rue…

Exemple : le parc Méderic-Martin (à côte de mon chez moi temporaire)

Parc de proximité

Piscine gratuite

Il existe aussi les « éco-quartiers », pas au sens de la France, il s’agit de pôles de ressources et d’initiatives dans le développement durable existant dans chaque quartier. Une personne référente peut orienter les habitants sur des demandes, comme végétalisation de leur rue, lancement d’initiatives, participation à des événements… Voir http://www.sem-montreal.org/

A Montréal, les vélos sont très communs, il y même des places de vélo payantes ! On trouve aussi des gonfleurs comme mobilier urbain et les vélos sont autorisés dans les transports publics.

Parcmetre vélo

La ville valorise aussi les interventions citoyennes comme les plantations en pied d’arbre, les « placotoirs », installations, bancs, jardins sur les places de parking. Il y a aussi des interventions éphémères organisées par des collectifs comme comme le Village au Pied-du-Courant, composé d’installations de bois, containers et matériaux recyclés donnant une ambiance vacances et plage, où se passe des événements, concerts, projections, ateliers durant tout l’été… http://www.aupiedducourant.ca/

La politique urbaine semble être une démarche de « réponse à la demande » avec une grande adaptabilité permettant une réelle démocratie directe des habitants, mais elle peut paraître un manque de vision globale. Sylvain, travaillant ici et urbaniste dans le développement durable, me précise que le métier d’urbaniste est peu demandé ici car il n’y a pas de grands projets ni de stratégie globale et long terme. La ville se fait d’une succession d’opérations ponctuelles que ce soit dans les espaces publics autant que dans les espaces privés.

J’ai eu le plaisir de partager la vie de Paula (argentine et designer graphique) et Martìn (venezuelien et photographe), ils habitent à Montréal depuis 3 ans et m’ont hébergé le temps de mon séjour, via couchsurfing. Ils m’ont accueillis avec générosité et, avec eux, j’ai partagé des superbes sorties, soirées (sportives!), des repas délicieux et de belles discussions.

Martìn a participé au “carrefour alimentaire», où un volontariat de 4 heures pour le jardin communautaire lui permet d’avoir de récupérer un gros panier de légumes. L’association vend aussi une partie au marché ce qui permet alors une certaine autonomie financière de la structure. Voir http://www.carrefouralimentaire.org/

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